Février-mars 2007 : Philippines

De Palau aux Philippines : Traversée épique

Le départ de Palau est fixé le 26 janvier, nous faisons le plein de gasoil en prévision des longues heures de moteur qui s'annoncent, la météo prévoyant une grosse pétole pour les jours à venir. Pas le temps d'attendre que le vent se lève, il faut partir car nous devons être début février aux Philippines pour l'arrivée de Virginie, Benoît, Marie et Clément, mes soeurs et leurs hommes, le 4 février.

C'est en effet le calme plat les deux premiers jours mais la météo change et une dépression se dessine sur notre passage. C'est alors que notre traversée de 5 jours au moteur sur mer plate se transforme en cauchemar. Le 28, le vent se lève nord-ouest, 20, 25, 30, 35, jusqu'à 40 nouds de face pendant trois jours. Le bateau et l'équipage sont malmenés, Tiamanga se soulève dans les vagues et retombe violemment, les coulisseaux de la grand-voile lâchent les uns après les autres, la planche de surf, accrochée aux filières, ne résiste pas aux déferlantes, les toilettes débordent, le mal de mer s'installe. Le 30 au matin, il nous reste moins de 100 milles à parcourir avant d'entrer dans l'archipel des Philippines par le nord du détroit de Surigao. La nuit du 30 au 31, le temps se dégrade encore, 40 nouds de vent établi avec des rafales à 45 noeuds, la mer est blanche d'écume, notre vitesse chute terriblement, on hésite à faire demi-tour pour éviter de plus gros dégâts mais si près du but le moral en prendrait un sacré coup, impensable de rater le rendez-vous avec mes sours.

On s'accroche donc mais on ne peut pas tenir le cap au nord de Surigao, il faut prendre plus au sud pour avoir un angle au vent correct. Enfin, le 31 à l'aube, appuyé au moteur nous réussissons tant bien que mal à se faufiler entre l'île Surigao et l'île Mindanao, à l'abri des assauts du large. Lessivés par ces trois jours de navigation musclée, nous jetons l'ancre devant le petit village de pêche de Buenavista. Notre premier contact avec la population philippine confirme sa réputation de peuple le plus hospitalier au monde. Une dizaine de pirogues entourent vite le bateau, surtout des jeunes. Les questions fusent par l'intermédiaire d'un porte parole qui semble être le seul à parler anglais. Au bout d'une heure, la flottille se disperse en riant et nous tombons dans les bras de Morphée.

Réveil à l'aube le lendemain car il nous reste encore 100 milles à parcourir jusqu'à Cebu. Le vent souffle toujours à 30 nouds et freine notre course. Pour éviter d'arriver de nuit à Cebu, nous faisons un deuxième stop à l'abri de l'île Leyte. Enfin, le 2 février au matin la baie de Cebu apparaît, le trafic et le vent soulèvent la houle et rendent le mouillage dans le chenal intenable. Nous entrons avec émotion dans l'unique petit yacht club des environs sur l'île Mactan où Magellan connut une fin tragique, massacré par les indigènes en 1521, 2 ans après son départ d'Espagne pour le premier tour du monde de l'histoire. L'entrée est étroite et la manouvre périlleuse mais quel soulagement une fois bien calé au quai !

Les Visayas : Cebu, Bohol, Negros

La quarantaine vient à bord faire les papiers d'entrée. Après la douane, il faut aller à Cebu pour l'immigration où nous passons un sale quart d'heure. En entrant dans les locaux, la sécurité nous rattrape car les shorts et tongs sont interdits dans le bâtiment. Nous expliquons notre cas : arrivés le matin en voilier de Palau, nous devons faire tamponner nos passeports. Au mot voilier tout s'arrange et nous sommes emmenés dans un bureau à l'étage par trois agents de l'immigration. L'un d'entre eux nous prend nos passeports, un autre part faire des photocopies des papiers du bateau et le troisième nous explique qu'il faut payer 4000 pesos (soit 80 dollars, une petite fortune comparé au niveau de vie aux Philippines) pour obtenir le visa de 21 jours qui est normalement gratuit ! Pour justifier cette somme exorbitante, il veut nous faire signer un papier sur lequel est écrit que nous sommes arrivés un jour férié et que les agents se sont déplacés sur notre bateau. On ne discute pas tant que nos passeports ne sont pas revenus mais une fois entre nos mains, nous refusons gentiment de payer arguant un malentendu puisque nous sommes vendredi, dans les locaux de l'immigration pendant les heures d'ouverture et que le visa est censé être gratuit jusqu'à 21 jours, bien sûr nous paierons l'extension etc. L'agent s'énerve et menace d'appeler un avocat puis disparaît. Un allemand vient d'entrer dans la pièce, il attend le tampon pour son extension de visa et nous dit qu'ici la corruption pourrit tout et malheureusement nous ne sommes pas en position de force. Un des trois agents revient et les négociations reprennent, il s'embrouille mais malgré sa gêne il faut payer, la note est miraculeusement moins corsée mais laisse un goût amer.

Le 4 février arrive vite, un an et quatre mois que je n'ai pas vu mes sours, je vous laisse imaginer les retrouvailles et l'ambiance à bord ! Le 5, départ vers le sud de Bohol, une des sept îles que compte le groupe des Visayas (Negros, Panay, Cebu, Leyte, Samar et Masbate).

En chemin nous faisons une première escale devant la petite île Coamen. La plage a l'air très belle et nous nous précipitons à terre pour profiter des derniers rayons du soleil. Notre pause bain de soleil se transforme en bain de foule. L'île abrite un village de pêcheurs qui ne doit pas voir beaucoup de touristes et nous sommes l'attraction du moment. Une cinquantaine de personnes nous emboîtent le pas sur la plage. Les enfants nous observent et nous palpent pour découvrir notre consistance, un peu plus loin, le cimetière du village borde la plage, l'ambiance n'est pas au bronzing en maillot de bain d'ailleurs la plage qui doit servir de toilettes publiques ne pousse pas à la baignade. mais quel accueil !

Le lendemain, cap sur l'île Cabilao. On prend un corps mort au milieu des bangkas (grosses pirogues à moteur). Plongée pour les garçons, séance de rattrapage de bronzing pour les filles. Le soir, le vent se lève et le mouillage devient très rouleur, on se rapproche dangereusement de la bangka mouillée juste à côté et il faut partir précipitamment pour éviter la collision. La pleine lune nous éclaire jusqu'à la baie de Maribojoc au sud-ouest de Bohol.

Plus au sud nous jetons l'ancre devant l'île Balicasag. La plongée est superbe dans ce sanctuaire marin, l'eau est claire, le corail intact et les poissons abondent, malheureusement le mouillage est encore une fois très rouleur, nous décidons de nous mettre derrière l'île Panglao mais après deux heures de rodéo dans les vagues, nouveau repli dans la baie de Maribojoc. L'apéro et la soirée poker sont bien mérités.

De Maribojoc, un jeepney nous emmène à Tagbilaran, la capitale de Bohol. Abandonné par les américains après la seconde guerre mondiale, le jeepney est le transport en commun local. Entre le bus et la jeep, aux couleurs chatoyantes, il peut contenir un nombre considérable de passagers, à l'avant à côté du chauffeur, à l'arrière sur les deux bancs qui longent le jeepney, sur le toit avec les sacs de riz, ratatinés, compressés, il y a toujours de la place pour le voyageur, l'ambiance fait vite oublier le confort un peu sommaire... A Tagbilaran, les rues sont bordées de petits commerces, les tricycles colorés zigzaguent entre les voitures. Au port, un petit quai fait office de marina, c'est l'occasion idéale de laisser le bateau à l'abri sans se soucier de trouver un bon mouillage pour la nuit ce qui n'est pas une mince affaire dans cette région des Philippines.

De retour à Maribojoc, un spectacle étonnant nous attend. Il est 15 heures, la musique raisonne au bout de la jetée du village où nous avons laissé l'annexe. Une cahute fait office de karaoké et des hommes en tenue légère se déchaînent sur les micro. Luc doit traverser le bar pour récupérer l'annexe et se fait siffler par la bande de joyeux lurons. Les brochettes grillent sur le barbecue, la bière coule à flot, l'ambiance est à la fête, nous sommes tombés dans un bar de travestis en plein air !

Tiamanga bien calé à Tagbilaran, nous explorons les plages de l'île Panglao. Farniente, poissons grillés et apéro au coucher du soleil sur la superbe plage Alona où nous nous laissons aller aux mains expertes des masseuses.

Sur la plage sauvage de Doljo nous sommes accueillis chaleureusement par la gérante de l'Ananyana. Architecture traditionnelle, jardin tropical, chaises longues à l'ombre des cocotiers, piscine face à la mer, restaurant gastronomique, nous profitons des charmes de ce resort luxueux le temps d'une journée qui passe encore trop vite. Le soir, Benoît et Clément s'envolent déjà pour Paris.

Nous continuons avec mes sours notre tour de Bohol. Visite de l'église fortifiée de Baclayon, la plus ancienne église des Philippines, construite en 1596 par les jésuites. Déjeuner sur un des nombreux restaurants flottants de la rivière Loboc, au rythme des airs de rock d'un mauvais guitariste très souriant. Les rives sont bordées de barques colorées et de maisons traditionnelles en bois tressé, des enfants se baignent et nous font signe en riant, sur un ponton un beau philippin bronzé aux cheveux longs joue de ses charmes sous les sifflets de la gente féminine.

« Comment être à Bohol, sans passer par les Chocolate Hills », nous scandent toutes les brochures touristiques. Devenue la principale attraction des Philippines, ces collines doivent leur nom alléchant à la couleur brune qu'elles revêtent à l'aube et au crépuscule à la saison sèche. Et pourtant, une fois en haut des escaliers aménagés pour les touristes, à moins d'avoir les conditions de lumière optimales, le paysage est un peu décevant, ajoutez à ça le nombre de touristes impressionnant sur les escaliers aménagés pour atteindre le site.

Nous oublions vite notre déception au centre des Tarsiers. Espèce en voie de disparition, le tarsier est un animal nocturne, il dort les yeux grands ouverts et ne sourcille pas à notre arrivée. Nous avons donc l'occasion de l'observer sous toutes ses coutures. Boule de poils aux petites oreilles, aux yeux 150 fois plus gros que ceux d'un humain proportionnellement à son corps et au sourire figé, le tarsier est le plus petit primate au monde.

Les villages et les rizières qui bordent la route du retour nous plongent dans la vie traditionnelle. Un groupe travaille à la récolte du riz, ils nous invitent à les rejoindre. Une des femmes nous présente sa famille, son frère leur apporte les fagots, son mari les passe dans une machine qu'il actionne d'une pédale pour récolter les grains que sa sour trie et met ensuite à sécher sur le bord de la route sous le regard amusé de ses deux enfants cachés dans les sacs de riz. Des éclats de rire rythment leur travail, chaque geste se fait dans la joie et sous un soleil de plomb.

Le lendemain, nous quittons l'agitation de Tagbilaran pour l'île Pamilacan, au sud est de Bohol. Mouillés sur le récif qui borde les plages de sable blanc, nous profitons pendant deux jours de l'accueil chaleureux des habitants et de la douceur de vivre de cette petite île de pêcheurs encore préservée du tourisme. A l'aube, départ en excursion pour tenter d'apercevoir les dauphins qui viennent frayer au large de l'île, ballottés dans l'annexe nous sommes finalement récompensés de notre réveil matinal par l'arrivée d'un groupe de dauphins.

Le 14 février, nous entamons notre remontée vers Cebu. Dernière escale près de la petite ville de Calape pour couper la route. Le mouillage est superbe dans cette petite baie cernée par la mangrove. Le 16 février, après une soirée « retrouvailles » à Cebu avec Sylvie, une amie de Virginie qui vit à Hong-Kong, de passage aux Philippines pour le boulot, Virginie et Marie s'envolent pour la France. Il va encore falloir attendre presque un an avant de les revoir.

L'équipage ne reste pas longtemps tout seul. Le 19 février, Pierre et Marie Laetitia débarquent pour leur troisième séjour sur Tiamanga, cap sur Palawan. Environ 360 milles nous séparent du village d'El Nido dans la baie des Bacuits au nord de Palawan, ce qui nous donne l'occasion de faire quelques stops sur la route.

Première escale à Asia Bay, sur l'île de Negros où nous sommes vite rejoints par des enfants en petites pirogues, visite timide qui se transforme en concours de sauts périlleux à l'avant de Tiamanga. Mike et Barbara sur LEV ont jeté l'ancre à côté de nous. Rencontrés à Pohnpei en Micronésie et retrouvés à Cebu, ils vont eux aussi vers Palawan et nous rejoignent sur Tiamanga le temps d'un apéro. Départ de nuit de l'Asia Bay éclairée par les lumières des pêcheurs au lamparo, le spectacle est magique, il y a du monde sur l'eau et nous zigzaguons au milieu des loupiotes.

Le lendemain matin, nous mouillons au nord-est de l'atoll Cagayan à l'abri d'une petite plage parsemée de baraques de pêcheurs. Dîner de poissons et langoustes pêchés dans l'après-midi.

Le vent s'est levé et le mouillage devient très rouleur, les abris sont rares mais nous dénichons un petit lagon relié au lagon principal de l'atoll par une mini passe. Encore une fois le tirant d'eau de Tiamanga nous permet d'atteindre ce coin de paradis et de profiter sereinement des environs.

Pour éviter d'arriver de nuit à Palawan, nous faisons une dernière escale à l'île Linapacan où il faut slalomer entre les bouées des fermes perlières avant de jeter l'ancre devant une petite plage sauvage. Sur le tombant, le corail est très beau et les poissons abondent, curry de poissons au lait de coco pour le dîner. A minuit départ pour Palawan pour accueillir le reste de la troupe qui arrive le lendemain à El Nido.

Palawan

Ilots sauvages, forêt tropicale, montagnes imposantes, eaux cristallines, plages de sable blanc, rivière souterraine, falaises abruptes, bienvenue à Palawan ! Longue de 400 Kms et large de 40 Kms, s'étirant entre la mer de Chine et la mer de Sulu, Palawan est souvent appelé « la dernière frontière » des Philippines.

Le 25 février, aéroport d'El Nido, grandes retrouvailles avec les copains. Raphaelle, Pauline et Pedzo sont venus compléter l'équipage pour une croisière de 10 jours dans l'archipel des Bacuits.

Niché au creux des falaises de la baie des Bacuits, El Nido doit son nom aux nids que les hirondelles de mer construisent dans les anfractuosités inaccessibles des falaises, mets de luxe très prisés des gourmets chinois. Ce petit port de pêche, victime de son succès, abrite plusieurs pensions, restaurants et un office du tourisme. Avec 7 bouches à nourrir pendant 10 jours, nous dévalisons les étals de fruits et légumes qui bordent les rues d'El Nido où les tricycles ont juste la place de se croiser.

Le premier soir le ton est donné, Pauline et Pedzo nous annoncent qu'ils veulent se marier. sur le bateau ! Avant de partir, Luc leur avait dit, sur le ton de la plaisanterie, qu'en tant que capitaine il pouvait célébrer un mariage à bord. Ils l'ont pris au mot, la date est fixée, les festivités auront lieu jeudi 1 er mars 2007. En attendant le grand jour, on profite du mouillage de Guntao, l'île la plus orientale de l'archipel des Bacuits. Snorkling, plongée aux Destacado rocks, pêche à la langouste, le coin est désert.

Le grand jour approche, nous jetons l'ancre dans le chenal étroit qui sépare l'île Tapiutan et l'île Matinloc. Le paysage est à couper le souffle. Les falaises tombent à pic dans une eau turquoise, la mer translucide laisse voir le récif de corail qui longe le détroit, nichées au pied de ces colosses de calcaire de petites plages de sable fin se couvrent et se découvrent au gré des marées. Sur une de ces plages, il y a tout juste la place pour une dizaine de cabanes en bois qui abritent une famille de pêcheurs.

C'est un coin de paradis idéal pour célébrer un mariage ! Sur le pont de Tiamanga, une grande palme de cocotier, une allée de coquillages, des éventails colorés viennent compléter ce décor naturel. Tout le monde s'affaire, enfin les filles habillent la mariée et on se retrouve tous sur le pont autour du capitaine pour célébrer l'union de nos deux tourtereaux, moment unique et privilégié avec nos vieux copains de toujours. La fête continue sur la plage, apéro et barbecue de poissons grillés et se prolonge sur le bateau jusqu'à une heure avancée de la nuit.

Réveil tardif et embrumé malgré le soleil de plomb. Farniente sur le sable fin de la « plage secrète », petite plage prisonnière des falaises à laquelle on ne peut accéder qu'à la nage en se faufilant dans une faille de la roche. Chacun y va de sa petite anecdote sur notre belle journée d'hier, l'heure est au débriefing et aux fous rire. Malheureusement, après consultation de la sous direction de l'état civil et de la nationalité du Ministère des Affaires Etrangères pour officialiser les papiers du mariage, nos deux jeunes mariés nous apprendrons plus tard que « le capitaine d'un bâtiment est investi des pouvoirs d'officier de l'état civil uniquement en cas d'urgence, c'est à dire pour constater les naissances et les décès à bord ». Peu importe, pour nous tous c'est comme si c'était fait et c'est l'occasion de refaire la fête l'été prochain.

C'est avec un gros pincement au cour que nous quittons les falaises de l'île Tapiutan, les derniers rayons du soleil nous accompagnent jusqu'à l'île Paglugaban où nous passons quelques jours à explorer les environs. Plongées sur le tombant où le corail est magnifique et découverte des petit et grand lagons cachés au cour de l'île Miniloc.Dernier mouillage avec les copains devant la belle plage de l'île Cadlao en face d'El Nido. Dans le superbe lagon de la baie Ubugun, concours de plongeons sur le plongeoir en bambou construit pour les épreuves de l'émission « Survivor » qui se tourne en ce moment dans l'archipel des Bacuits.

Le 6 mars, les copains s'envolent pour la France, nous voilà à nouveau tous les deux dans la petite baie tranquille de Corong Corong. La lumière du soir inonde la cocoteraie, le bateau est bien calme.

Les jours suivants, nous descendons le long de la côte ouest de Palawan, bordée par des baies sauvages et dominée par un relief montagneux couvert de forêt tropicale. Nous profitons de cette nature authentique au gré des mouillages.

Courte escale dans la baie Inlulutok. Escale plus longue dans la baie Jibboon qui abrite la célèbre rivière souterraine St Paul, longue de 8 Kms inscrite sur la liste du patrimoine mondial. Pour la visiter il faut retirer un permis au petit village de Sabang où les bangkas colorées et décorées de petits drapeaux attendent les touristes pour les déposer à l'entrée de la rivière. Heureusement il est encore très tôt et nous sommes les premiers à pénétrer dans le dédale de canaux souterrains. Joy, notre guide, manouvre habilement la petite pirogue, Luc nous éclaire d'une puissante lampe torche, je n'ai plus qu'à contempler les stalactites et les stalagmites de calcaire où nichent une quantité impressionnante de chauves-souris. Jusqu'à la découverte récente d'une rivière souterraine d'au moins 150 kilomètres de long dans la péninsule du Yucatan au Mexique, la rivière St Paul des Philippines et la rivière Son Trach au Vietnam rivalisaient pour le titre de plus longue rivière souterraine. Une heure plus tard nous retrouvons la lumière du jour dans le parc national qui protège la rivière et abrite les gros lézards appelés varans et des colonies de singes.

De Sabang, nous prenons un jeepney jusqu'à Puerto Princesa, la capitale de Palawan pour y faire nos papiers de sortie des Philippines. Moins d'une centaine de kilomètres séparent Sabang de Puerto Princesa, la route longe les rizières nichées au pied des falaises, le paysage est magnifique. Dans chaque village, le jeepney se remplit de marchandises et de voyageurs, les uns chargent des sacs de riz, les autres confient au chauffeur une liste de courses que ses deux jeunes acolytes effectueront en arrivant dans la capitale, d'autres nous rejoignent sur les deux grands bancs à l'intérieur ou grimpent sur le toit, les enfants s'agrippent à l'arrière avant de se faire déposer dans les écoles qui s'égrènent le long de la route. Le jeepney est plein à craquer, la route est très mauvaise et soudain c'est l'explosion, un bruit assourdissant nous sort de notre torpeur, un pneu a éclaté en pleine descente ! Plus de peur que de mal, ils n'en sont pas à leur premier coup et les petits acolytes changent la roue en deux temps trois mouvements sous le regard amusé du chauffeur assis au milieu de la route. Trois heures plus tard, après un voyage mémorable, nous arrivons à Puerto Princesa où nous attend une mauvaise surprise, nous sommes samedi matin et tous les bureaux sont fermés ! On se console autour d'un délicieux déjeuner de fruits de mer au restaurant Kalui histoire de reprendre des forces avant le retour à Sabang.

Pour éviter un nouveau trajet trop long en Jeepney jusqu'à Puerto princesa, nous jetons l'ancre dans la superbe baie Ulugan où nous faisons la connaissance, le temps d'un apéro, de Jane et Juan sur Aldo. Le lendemain, le petit village de Macarascas, caché dans la mangrove, se réveille doucement. Le chauffeur de jeepney attend les clients. A Puerto Princesa, l'immigration nous tamponne nos passeports, il est temps de quitter les Philippines. Il faudrait des mois pour connaître mieux ce pays enchanteur, découvrir ses rizières en terrasses au nord de Luzon, grimper sur le mont Apo, nager avec les requins baleines au large du village de pêcheurs de Donsol et profiter des plages de Sipalay. En un mois et demi nous sommes tombés sous le charme des Philippines et de ce peuple au sourire sans égal, c'est dur de le quitter, pourtant il faut avancer et le 12 mars nous levons l'ancre pour Bornéo.

>> Galerie Cebu 1 >> Galerie Cebu 2

>> Galerie Palawan 1 >> Galerie Palawan 2

> Juillet-août : Tanzanie

> Mai-juin 2007 : Seychelles

> Avril 2007 : Traversée Bornéo/Seychelles

> Mars 2007 : Malaisie

> Février-mars 2007 : Philippines

> Janvier 2007  : Palau

> Décembre 2006 : Etats Fédérés de Micronésie

> Fin novembre 2006 : les Kiribati

> Début novembre 2006 : les Tuvalus

> Fin octobre 2006 : Rose Island

> Août à octobre 2006 : Les Iles de la Société

> Juillet-aout 2006 : Tuamotus

> Juin 2006 : traversée du pacifique

> Fin mai 2006 : Valparaiso

> Mai 2006 : de Puerto Montt à Valdivia

> Mai 2006 : du Golfe de Peñas à Puerto Montt

> Fin avril 2006 : du canal Beagle au Golfe de Peñas

> Mars 2006 : Canal Beagle

> Fin février 2006 : Ushuaia

> Février 2006 : descente vers Ushuaia et passage du Cap Horn

> Fin janvier 2006 : Mar del Plata

> Fin janvier 2006 : Buenos Aires

> Janvier 2006 : traversée Angra dos Reis – Rio Grande – Mar del Plata

> Fin décembre 2005 : Ilha Grande

> Fin décembre 2005 : Rio de Janeiro

> Décembre 2005 : traversée Salvador Rio

> Décembre 2005 : Cachoiera et Sao Felix

> Décembre 2005 : Salvador da Bahia

> Fin novembre 2005 : Transat

> Novembre 2005 : Ilha do Sal  

> Novembre 2005 : traversée Canaries-Cap Vert 

> Fin octobre 2005 : le tour de Gran Canaria

> Octobre 2005 : Las Palmas

> Octobre 2005 : arrivée aux Canaries

> Fin septembre 2005 : traversée Archacon-Canaries

> 27 septembre 2005 : Grand Départ

   
copyrigth Tiamanga 2005, tout droit de reproduction interdit