Août à octobre 2006 : Les Iles de la Société
Après un mois et demi de croisière aux Tuamotu (du 8 au 25 juillet avec nos copains Stéphanie, Raphaelle, Anne Laure et Arnaud et du 1 er au 20 août avec Perrine et Brice, le frère de Luc) il faut quitter ce paradis reculé pour revenir à la civilisation. Nos amis et Perrine et Brice ont leur avion à Tahiti que nous rejoignons via Moorea fin juillet, puis fin août.
L'archipel de la Société doit son nom au navigateur James Cook en l'honneur de la Société Royale de Londres qui finança son voyage. Regroupant plus des 75% de la population, cet archipel comprend deux groupes d'îles, les Iles du Vent ( Tahiti, Moorea, Tetiaroa, Maiao et Mehetia) et les Iles Sous le Vent (Raiatea, Tahaa, Huahine, Bora Bora, Maupiti et les atolls de Tupai, Mopelia, Motu One et Manuae). Avant de retrouver Tahiti, l'île la plus haute, la plus peuplée et la plus urbanisée, nous faisons escale à Moorea « l'île sour ».
Le 20 août, nous embarquons à Tahiti, Tintin, la maman de Julie et Anne, une amie de la famille, avec qui nous partons pour Huahiné, Raiatea, Tahaa et Bora Bora où nous rejoignent Pierre et Marie Laetitia début septembre. Après leur départ, il faut sortir le bateau au chantier de Raiatea pour faire quelques travaux et un carénage. Le bateau remis à flots, nos copains Candice et Romain embarquent à Raiatea pour 15 jours de croisière.
Pendant deux mois, nous avons donc navigué dans les Iles de la Société, véritable condensé du paradis tropical : une végétation luxuriante, de magnifiques montagnes, un lagon aux eaux turquoises mais chacune garde son charme et sa particularité.
Sommaire :
Tempura à Moorea - Le Heiva à Tahiti - Indépendante Huahiné - Raiatea, l'île sacrée - Tahaa, l'île vanille - Requins citron à Bora Bora - Chantier à Raiatea
Tempura à Moorea
Le dimanche 23 juillet, après 36 heures de mer depuis les Tuamotu, nous entrons de nuit dans la baie d'Opunohu à Moorea. Il est 2 heures 30 du matin. A bord, tout notre petit monde dort. Devant Maxsea (logiciel de navigation), je guide Luc qui est à la barre. Après la passe, le vent se calme et nous avançons lentement dans la baie. Quelques lumières indiquent que la côte est tout près. Il faut contourner un motu lui aussi parsemé de loupiotes, vigilance. Il fait nuit noire, le radar est clair et nous décidons enfin de jeter l'ancre. Au petit matin, nous découvrons que les lumières sur le motu étaient en fait les mâts éclairés d'une quinzaine de bateaux au mouillage, dont un catamaran juste derrière Tiamanga! Nous bougeons pour nous mettre un peu plus à l'écart.
Séparée d'une vingtaine de kilomètres seulement de Tahiti, Moorea est un lieu de refuge pour de nombreux tahitiens qui veulent échapper au stress de la grande île.
Grâce au stop, notre moyen de transport, nous faisons connaissance avec la population de l'île : un élu municipal, en charge entre autre de la sécurité routière, nous parle des problèmes d'alcool rencontrés en Polynésie, un popaa (blanc) tombé amoureux de Moorea depuis son premier voyage en 98 et créateur du site Internet tahitiguide.com , le dentiste qui a soigné Arnaud de sa rage de dent nous reconduit à la baie d'Opunohu tout en nous racontant l'époque où il effectuait des tournées de soins aux Tuamotu où il n'existe pas de dentiste, s'arrêtent aussi un livreur de lait peu bavard et un local en 4X4 rutilant qui marquent le contraste entre les valeurs traditionnelles encore bien vivantes et la société de consommation.
Le lendemain de notre arrivée, nous partons à la découverte de l'intérieur de l'île. En suivant un sentier dans la forêt de mape (arbres aux racines formant des contreforts à la base du tronc) nous découvrons les sites archéologiques de la vallée d'Opunohu. Les moustiques attaquent et nous font accélérer la cadence jusqu'au Belvédère, point de vue imprenable sur les profondes baies d'Opunohu et de Cook, dominées par le mont Rotui. Au retour, nous faisons un stop dégustation des fameux jus de fruits et des glaces maison du lycée agricole avant de traverser ses champs d'ananas, de bananiers et de papayers et de croiser ses énormes porcs voués à la préparation de quelques mets délicieux. La route des ananas nous mène jusqu'à la baie de Cook et après cinq heures de marche, nous sommes heureux de nous faire déposer au mouillage par le truck, sauf Arnaud, seul courageux à finir la ballade à pied.
Le soir, nous sommes récompensés de notre longue marche par le célèbre Tempura d'Yves, le patron de la Licorne d'Or à Papetoai (petit village dans la baie d'Opunohu). Rien à voir avec les beignets japonais, le Tempura d'Yves est un plat à base de thon ou/et de crevettes crus sur lequel il verse une sauce bouillante dont lui seul connaît le secret ! Il nous raconte sa vie pleine de paillettes, d'aventures et de voyages tout en massant, au monoï, les pieds douloureux de Stéphanie.
Le lendemain, plongée matinale sur les tables de corail rose à la sortie de la passe Tareu où les requins citron seront de la partie trois semaines plus tard lors de notre second séjour à Moorea avec Perrine et Brice. En sortant de la baie d'Opunohu direction Tahiti pour un changement d'équipage, nous sommes surpris par le spectacle des baleines à bosses qui sont souvent dans cette région entre juillet et octobre ! >> retour sommaire
Le Heiva à Tahiti
A notre arrivée à Tahiti, les surfers se régalent sur la vague de la passe Toapuna. Dans le lagon les pirogues font la course avec Tiamanga. Nous jetons l'ancre devant la marina Taina dans le quartier de Punaauia voisin du quartier populaire de Faaa. Il y a beaucoup de bateaux, les places sont chères malgré une grosse houle du sud qui rend le mouillage peu confortable!
Routes, hypermarchés, pollution, une fois à terre Tahiti est loin du cliché plage de sable blanc. Mais dépassé ces inconvénients liés à la vie moderne, l'île principale de Polynésie présente de nombreuses facettes : une capitale animée, étendue et très urbanisée, une presqu'île sauvage et calme, une végétation dense et luxuriante parsemée de rivières et de cascades.
Il faut prendre le truck pour se rendre à Papeete. Sorte de bus en bois peint, le truck est une véritable institution. En dehors de quelques arrêts officiels, on monte et on descend du truck quand bon nous semble. Assis sur l'un des deux bancs en bois qui fait la longueur du bus, le trajet se fait au son de la radio ou des bavardages des uns et des autres, tout le monde semble se connaître, l'ambiance est assurée surtout aux heures de pointe !
Papeete (signifiant « eau jaillissante » probablement à cause des sources d'eau qui existaient autrefois) compte aujourd'hui 30 000 habitants, 100 000 pour l'ensemble de son agglomération. La circulation est dense et l'architecture moderne. Tous les matins, c'est au marché municipal que bat le cour de la ville. Polynésiens, chinois, européens (popaa) métis ou demis (polynésiens/chinois ou polynésiens/européens), tous les groupes ethniques et toutes les classes sociales font vivre ce lieu typique. Au premier étage, une incroyable diversité de paréos enchante l'équipage féminin de Tiamanga, les galeries d'objets artisanaux et de bijoux où la perle noire de Tahiti est à l'honneur se succèdent mais, à cet étage, c'est surtout la vue sur le rez-de-chaussée qu'il ne faut pas manquer. En bas, la halle aux poissons et aux viandes côtoie les étals colorés de fruits et légumes où la maman de Julie fait une razzia : ananas, bananes, mangues, papayes, caramboles, calebasses vont remplir nos filets! Un peu plus loin, se trouvent le marché des artisans où s'étalent les produits de vannerie, les produits de beauté et les colliers de coquillages et le petit marché aux fleurs aux odeurs de tiare et de frangipaniers.
Sur les quais, les cargos chargent et déchargent leurs marchandises. Le soir, les « roulottes » s'installent sous les arbres à pain de la place Vaiete. Ces camionnettes transformées en restaurants ambulants nous régalent de poisson cru, de brochettes, de chao-men, de pizzas et même de couscous ou de galettes bretonnes !
En Polynésie, le mois de juillet est consacré au Heiva, les « fêtes de juillet » pendant lesquelles ont lieu des courses de pirogues, de porteurs de fruits, des concours de danses, de chants, de lever de pierre, de lancer de javelot et des expositions de créations artisanales. Nous sommes fin juillet lors de notre premier passage à Tahiti et c'est encore le Heiva. Avec Stéphanie et Raphaelle, nous assistons à la soirée de clôture sous le chapiteau installé place To'ata, le centre culturel de Papeete. Les danses traditionnelles sont entrecoupées de himene, chants religieux a capella qui regroupent un nombre impressionnant de chanteurs de tous âges. Se succèdent l'otea, la danse des guerriers au rythme des percussions et des cris des danseurs entourés par le gracieux déhanchement des vahinés, l'aparima, imite les gestes de la vie quotidienne au son du ukulele, le joyeux Paoa autrefois exécuté par les femmes pendant le battage du tapa (étoffe végétale), l'impressionnante danse du feu où les hommes sont armés de torches enflammées, la danse marquisienne des cochons qui mime la vie de l'animal. Chaque danse est effectuée en costumes traditionnels : more (jupes en lanières végétales), soutiens gorge en noix de coco, couronnes de fleurs, colliers de coquillages, bijoux en nacre pour les femmes, more plus court, pagnes et coiffes volumineuses pour les hommes. Tous ces acteurs nous racontent leur histoire, leur culture, leur vie quotidienne, le spectacle est superbe.
Nous profitons de l'inactivité dominicale pour une expédition à la Papeno, rivière au nord de l'île, avec Alice et Eric des amis de Raphaelle installés à Tahiti depuis plus d'un an. Nous croisons de nombreux polynésiens, au bord de la rivière près de leur gros 4X4, les barbecue fument, le déjeuner familial se prépare.
Fin août, après le départ de Perrine et Brice, nous quittons Tahiti direction Huahiné avec notre nouvel équipage, Tintin et Anne. >> retour sommaire
Indépendante Huahiné
Le 22 août, après une nuit de navigation houleuse, nous entrons enfin dans le lagon de Huahiné.
La légende raconte que le Dieu Hiro, le dieu des voleurs et des marins, fendit l'île avec sa pirogue, c'est pourquoi Huahiné est formée de deux îles, Huahiné Nui, la « grande Huahiné » et Huahiné Iti, la « petite Huahiné », séparées par un isthme de quelques mètres.
Découverte en 1769 par James Cook, Huahiné lutta longtemps contre l'établissement du Protectorat Français et garde encore aujourd'hui sa réputation d'opposition à la colonisation. Son caractère indépendant lui permet de conserver un charme authentique. Environ 5 500 habitants se répartissent sur huit villages dont Fare, le chef lieu de l'île. Ils vivent de la pêche et de l'agriculture très développée à Huahiné, cocoteraies, bananeraies, champ d'ananas, de manioc, de taro, de pastèques et de melons, une grande partie de ces produits se retrouve sur les étals du marché de papeete.
Nous entrons par la passe Avapeihi pour mouiller au sud de Huahiné Iti dans la baie Avea. Une superbe ballade le long de la pointe Tiva, à l'extrême sud de Huahiné, nous mène au marae Anini. Ces lieux de culte ancestraux abandonnés après l'arrivée des missionnaires et l'évangélisation de la Polynésie ont été récemment restaurés. Construit vers 1300 au bord d'une belle plage de sable blanc, le Marae Anini, composé de gros bloc de corail, était consacré au culte du Dieu Oro, le dieu de la guerre. Nous marchons le long de la plage qui mène jusqu'au village de Parea, en face de la petite passe Araara. Un chemin intérieur traverse les maisons aux jardins fleuris et soigneusement ratissés. La route est parsemée de séchoirs à coprah (chair de noix de coco séchée) qui sera envoyé à Tahiti pour la fabrication du monoï et d'autres produits cosmétiques ou employé dans l'industrie alimentaire. A notre retour de Parea, baignade salvatrice dans les eaux turquoises de la plage Anini et le soir, Anne nous invite chez Tara, sur la plage en face du mouillage où nous dégustons les crevettes aux curry et l'espadon pêché le matin même.
Nous ne restons malheureusement que deux jours à Huahiné et le 24 août nous mettons le cap sur Raiatea. >> retour sommaire
Raiatea, l'île sacrée
Entre le mois d'août et le mois d'octobre, Raiatea, située à plus de 200 km de Tahiti, est notre point de ravitaillement, c'est ici que nous effectuons le chantier avant de quitter la Polynésie. Tahaa, l'île voisine, partage le même lagon et nous passons plus d'un mois à explorer ces deux îles si proches et pourtant très différentes.
Raiatea est la plus grande des Iles Sous le Vent et compte environ 10 000 habitants surtout concentrés à Uturoa, ville portuaire et deuxième agglomération de Polynésie française après Papeete.
A chaque escale à Raiatea, nous faisons quelques appros à Uturoa. C'est là que nous rencontrons par hasard Manu et Jean-Christophe, des amis de longue date rencontrés lors d'autres aventures en mer. Ils sont en vacances chez un copain et nous passons un délicieux déjeuner de thon cru « sauce Manu » à se rappeler de bons souvenirs. Jean-Christophe, archéologue à Nouméa en Nouvelle-Calédonie, travaille entre autre sur le naufrage de Lapérouse à Vanikoro et nous raconte les dernières avancées de l'équipe. Ballade digestive sur le mont Tapioi d'où nous avons une vue imprenable sur Tahaa juste en face et Bora Bora éloignée de quelques milles.
En octobre, la croisière avec nos copains Romain et Candice a pour thème « snorkling et plongée sous-marine ». Chaque passe est l'occasion de nouvelles découvertes, Raiatea en compte pas moins de neuf ! Sans oublier la plongée sur l'épave du Nordby, un trois mâts allemand coulé en 1914 par 20 mètres de fond dans le lagon au sud d'Uturoa.
Un stop culturel au marae Taputapuatea nous plonge dans le monde sacré des premiers habitants. Raiatea aurait été la première île à avoir été peuplée par les maohi (polynésiens). Le dieu Hiro, son créateur, descendant d'Oro, le dieu de la guerre, est le premier roi de l'île, il fonde la dynastie qui aurait duré près d'un millénaire.
Construit au XVIIème siècle, le marae Taputapuatea était consacré au culte du dieu Oro. D'ampleur internationale, il représentait le centre d'un grand réseau politique et religieux et les marae des autres îles devaient être constitués d'une pierre du marae Taputapuatea en signe de soumission.
Le marae nous frappe par son ampleur, une vaste plate-forme dallée de pierres basaltiques et de corail et un long ahu (autel et endroit le plus sacré du marae) forment la partie principale où les arii (chefs) de toute la Polynésie, des Australes, des îles Cook et même de Nouvelle-Zélande venaient assister aux consultations des chefs et aux cérémonies religieuses souvent accompagnées de sacrifices humains. Un peu plus loin, le marae Tauraa se caractérise par sa haute pierre d'investiture où les princes et les princesses étaient intronisés. Plus discret, le marae Hauviri est situé au bord du lagon, en face de la passe sacrée Te Ava Moa par laquelle passaient les pirogues royales. Nous déambulons au milieu de ces vestiges chargés d'histoire, quelques ti'i, statuettes sculptées dans la pierre ou le bois, intermédiaires entre les hommes et les dieux, nous rappellent, si il est nécessaire, le caractère sacré et tapu de ce lieu mythique.
Nous quittons cette île sacrée pour rejoindre Tahaa à quelques kilomètres de là dans le même lagon. >> retour sommaire
Tahaa, l'île vanille
Plus petite et moins urbanisée que Raiatea, Tahaa vit de la pêche, de l'agriculture et de la perliculture. Lors de notre première escale avec Tintin et Anne, nous sommes accueillis par le maraamu qui nous oblige à nous mettre à l'abri dans la baie de Apu. La météo annonce quatre jours de ce vent du sud-est qui apporte de la pluie et lève la houle dans le lagon. Pour nous consoler de ce mauvais temps persistant, la maman de Julie nous emmène au restaurant de la marina Iti où nous découvrons la spécialité locale, le mahimahi sauce vanille ! Bernard, le chef cuisinier nous confie même sa fameuse recette de la sauce et nous donne l'adresse de son fournisseur de vanille sur l'île. 80% de la production de vanille en Polynésie qui s'élève à 25 tonnes par an vient de Tahaa. Fragrance très prisée des parfumeurs, ingrédient de luxe dans les cuisines européennes, intégrée dans la formule du Coca-Cola, la vanille produite à Tahaa semble une goutte d'eau comparé à la consommation mondiale évaluée à 1500 tonnes chaque année.
Nous filons donc rendre visite à Alfred. C'est un personnage Alfred ! Ancien légionnaire d'origine allemande, il nous raconte avec un fort accent germanique et beaucoup d'humour, ses années dans l'armée, son expérience à Mururoa, son installation à Tahaa, son mariage avec une vahiné et le souvenir des odeurs vanillées des gâteaux de sa maman qui l'ont mené à la production de ces gousses si précieuses.
Il nous vante les mérites de la vanille Tahiti par rapport à la vanille Bourbon, bien plus parfumée, l'une des meilleures au monde mais aussi l'une des plus chères ! La saison de floraison de la fleur de vanille, une espèce d'orchidée, n'est pas encore arrivée. Autrefois vers le mois d'août, Alfred nous explique qu'avec les changements de climat de ces dernières années, l'éclosion des premières fleurs peut se faire attendre jusqu'au mois de novembre. A défaut de floraison et comme par magie, il nous sort de sa casquette une fleur de vanille et nous montre, à l'aide d'un cure dent, les techniques du « mariage ». Cette fécondation manuelle de la fleur a été découverte par un jeune esclave au milieu du XIXème siècle faute d'insecte pollinisateur approprié.
Dans sa vanilleraie sous ombrière il nous livre les secrets de fabrication de la vanille. Il faut attendre trois ans pour qu'une liane commence à donner ses premières fleurs, puis ses premières gousses mais elle reste productive pendant une dizaine d'années si on prend garde à ne pas l'épuiser prématurément en fécondant trop de fleur sur une même liane. Alfred nous emmène ensuite voir ses séchoirs où les gousses de vanille sont exposées au soleil environ deux heures par jour pendant quatre à cinq mois afin de faire baisser leur degré d'humidité. Chaque gousse est ensuite soigneusement massée pour bien répandre l'arôme. Clou du spectacle, le bouchon de rhum parfumé à la vanille qu'Alfred nous fait boire cul sec tout en nous vantant les mérites de l'extrait de vanille dans les salades de fruits, des gousses qui parfument le rhum, le sucre et même le café, de la vanille en poudre dans les sauces et les gâteaux et nous repartons les bras chargés de vanille sous toutes ses formes !
Les eaux pures et poissonneuses de Tahaa sont propices à la culture de la perle noire et le lagon est parsemé de fermes perlières. Madame Champon nous fait visiter sa ferme située à la pointe de la baie de Apu. Sur la plate-forme sur pilotis qui surplombe les nacres, elle nous explique les techniques de la perliculture : le collectage des naissains, la complexe greffe lors de laquelle le choix du greffon dans le manteau de l'huître donneuse déterminera la couleur de la perle lors de la récolte 18 mois plus tard. Une deuxième implantation est possible pour obtenir plus d'un an après une seconde perle plus grosse de quelques millimètres. En moyenne une perle mesure entre 10 et 15 mm de diamètre, la plus grosse perle du monde mesure 22mm de diamètre. Dans sa maison, Madame Champon nous dévoile ses créations de bijoux plus ou moins coûteux selon l'importance des imperfections et la qualité du lustre (brillance) de la perle. La forme ronde, semi-ronde, en goutte, en poire, en bouton, semi-baroque, baroque ou cerclée est aussi un critère important. Vient le choix de la couleur qui peut aller du blanc nacré au noir en passant par l'argenté, le champagne, l'aile de mouche, l'aubergine, le bleu, le vert etc. Boucles d'oreilles, bracelets, colliers ou bagues, nous rêvons devant ces bijoux luxueux au bel orient (reflet irisé).
Dans la profonde baie de Haamene, nous ratons le petit déjeuner des tortues vertes à la Fondation Hibiscus. L'association soigne les tortues blessées ou prises au piège dans les filets de pêche après les avoir achetées aux pêcheurs. Depuis sa création en 1992, la Fondation a déjà sauvé plus d'un millier de tortues.
Tahaa est entourée de nombreux motu mais beaucoup sont tapu (privé) et interdits d'accès. Plus au nord, des bouées marquent l'endroit où sont immergées les huîtres perlières et nous empêchent de mouiller. Nous jetons donc l'ancre devant le motu Tautau à l'ouest de l'île. Côté océan, nous marchons sur le platier au corail coloré, Bora Bora en toile de fond. >> retour sommaire
Requins citron à Bora Bora
L'arrivée à Bora Bora est grandiose. Partis de Raiatea, nous tirons un bord au près le long du récif au sud de l'île. L'imposante silhouette du mont Otemanu surplombe l'immense lagon aux eaux turquoises entouré d'un chapelet d'îlots aux plages de sable blanc. Cette île mythique, devenue célèbre pour la beauté de ses paysages et son rôle de base américaine lors de la seconde guerre mondiale souffre aujourd'hui de son succès. Les bungalows sur pilotis des hôtels de luxe envahissent petit à petit le lagon et dénaturent le paysage. Avec près de 6000 habitants et un tourisme grandissant, l'île connaît également un problème de traitement des déchets et la propreté dans certaines parties laisse à désirer. Malgré tout, Bora Bora reste une superbe escale.
Nous faisons les appros dans le village principal de Vaitape où les quelques étals de fruits et légumes côtoient les magasins de souvenirs. Avec Tintin et Anne nous en profitons aussi pour faire le plein de paréos qui viennent compléter notre collection déjà bien entamée au marché de Papeete.
La croisière « snorkling et plongée sous-marine » avec Candice et Romain continue avec une plongée riche en émotions sur le tombant extérieur près de la passe, spot souvent fréquenté par les requins pointes noires et les requins citrons que nos amis vont pouvoir observer de très près pendant que Luc prend des images grâce au caisson étanche dans lequel nous mettons la caméra.
A Bora Bora, notre mouillage de prédilection se trouve au sud de l'île à la pointe Fareone à l'abri du motu Piti Aau. L'endroit est encore préservé, les hôtels de luxe sont loin et nous avons une vue imprenable sur le mont Otemanu. Sur le platier, côté océan, une famille chasse la langouste et le poisson perroquet, les plages sont désertes et nous flânons longuement à la recherche de quelques coquillages rares.
Nous allons plonger avec Marie Laetitia et Pierre puis avec Candice et Romain sur le jardin de corail du Motu Piti Uu Tai où la pêche est interdite et le poisson abonde. Un peu plus loin les pirogues des hôtels ont pour habitude de nourrir les raies pastenagues sous les yeux ébahis des touristes. Nous profitons de cette triste façon d'attirer la faune sous-marine et nous nous mettons à l'eau juste après le « feeding ».
La scène est impressionnante. Nous nageons au milieu d'une vingtaine de raies qui nous frôlent de leurs ailes. Il faut se méfier de leur dard venimeux d'environ 30 cm de long à la base de la queue. Il est rare qu'elles attaquent l'homme à moins de les surprendre en leur marchant dessus.
Nous sommes déjà mi-octobre et il est temps de préparer le bateau avant de prendre la route vers le nord ouest mais un petit contretemps nous oblige à retourner à Raiatea . >> retour sommaire
Chantier à Raiatea
Fin septembre nous avons dû sortir le bateau au Chantier Naval des Iles Sous le Vent pour faire souder un des paliers de la dérive fissuré entraînant une fuite dans le bateau. Nous en avons profité pour changer la cadène d'étai ovalisée, souder des butées de safran, changer les tampons et l'axe de la dérive et les bagues de safran. Toute l'équipe sur le chantier est très efficace, merci Hélène, Ariel, Jacques et Georges ! Nous sympathisons avec nos voisins, Bernard a lui aussi un Maracuja qu'il a sorti le temps de ses vacances en France et nous lui piquons quelques bonnes idées, Christian carène son Wauquier avant de partir pour les îles Cook, Kamel s'est retrouvé sur le bateau d'un américain en faisant du bateau stop, il le garde en attendant le retour de son propriétaire, Fanny qui travaille au magasin du chantier nous prête souvent sa voiture pour aller faire nos courses à Uturoa et Gilles nous conseille quelques belles destinations sur notre route dans le pacifique, en particulier Rose Island, à suivre.
Le 16 octobre tous nos équipiers sont partis et nous nous apprêtons à quitter Bora Bora pour l'atoll de Mopelia, dernière escale prévue en Polynésie.
Comme avant chaque traversée, par mesure de sécurité et même si nous l'avons déjà fait il y a un mois, je monte Luc en haut du mât pour une vérification du gréement. 1 ère barre de flèche « tout va », le tangon « ok », 2 ème barre de flèche « c'est bon », mais une fois en tête de mât je l'entend crier « oh non » ! Notre départ va être retardé.
Trois brins du câble de l'étai sont cassés, impossible de reprendre la mer avec l'étai qui risque de lâcher à tout moment. Il faut retourner au chantier à Raiatea pour réparer.
La saison des cyclones approche, il est temps de quitter la Polynésie et nous avons rendez-vous avec les sours de Julie aux Philippines début février, le temps presse. Nous faxons la mesure de l'étai à l'unique société sertissant des câbles en innox en Polynésie, résignés à attendre au moins une semaine qu'il le fabrique à Tahiti et le renvoie par bateau à Raiatea. Oh miracle ! Le lendemain après-midi le câble est prêt à être remis à poste et le 20 octobre nous levons l'ancre direction Mopelia.
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>> Galerie 4 : Tahaa >> Galerie 5 : Bora Bora
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> Juillet-août : Tanzanie
> Mai-juin 2007 : Seychelles
> Avril 2007 : Traversée Bornéo/Seychelles
> Mars 2007 : Malaisie
> Février-mars 2007 : Philippines
> Janvier 2007 : Palau
> Décembre 2006 : Etats Fédérés de Micronésie
> Fin novembre 2006 : les Kiribati
> Début novembre 2006 : les Tuvalus
> Fin octobre 2006 : Rose Island
> Août à octobre 2006 : Les Iles de la Société
> Juillet-aout 2006 : Tuamotus
> Juin 2006 : traversée du pacifique
> Fin mai 2006 : Valparaiso
> Mai 2006 : de Puerto Montt à Valdivia
> Mai 2006 : du Golfe de Peñas à Puerto Montt
> Fin avril 2006 : du canal Beagle au Golfe de Peñas
> Mars 2006 : Canal Beagle
> Fin février 2006 : Ushuaia
> Février 2006 : descente vers Ushuaia et passage du Cap Horn
> Fin janvier 2006 : Mar del Plata
> Fin janvier 2006 : Buenos Aires
> Janvier 2006 : traversée Angra dos Reis – Rio Grande – Mar del Plata
> Fin décembre 2005 : Ilha Grande
> Fin décembre 2005 : Rio de Janeiro
> Décembre 2005 : traversée Salvador Rio
> Décembre 2005 : Cachoiera et Sao Felix
> Décembre 2005 : Salvador da Bahia
> Fin novembre 2005 : Transat
> Novembre 2005 : Ilha do Sal
> Novembre 2005 : traversée Canaries-Cap Vert
> Fin octobre 2005 : le tour de Gran Canaria
> Octobre 2005 : Las Palmas
> Octobre 2005 : arrivée aux Canaries
> Fin septembre 2005 : traversée Archacon-Canaries
> 27 septembre 2005 : Grand Départ |